Mercredi 8 septembre 2010
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Dirt :

La saison 1 (rubrique Épisodes)



Dirt

Titre original : Dirt

Par Benjamin Campion

D’un côté, le vénérable magazine Now qui s’introduit dans les salons américains depuis le début des années 50, comme la main de plus en plus usée par le labeur d’un ouvrier même si elle reste habillée d’un gant de velours. De l’autre, le tabloïd Dirt dont les prétendus scoops ne font plus frémir grand monde... Entre ces deux hebdomadaires sur une pente descendante (la faute à un manque de renouveau et à une concurrence toujours plus féroce) : Lucy Spiller, moulée dans une robe de soirée rouge sang tandis que son teint blafard fait ressembler son faciès à celui d’un vampire. Pour survivre au sein d’un banc de requins prêts à vous dévorer dès que vous tournez la nageoire, il est essentiel de prendre l’initiative. Une affiche promotionnelle de la sérieUne affiche promotionnelle de la série. Quand ses supérieurs (le propriétaire Gibson Horne et l’éditeur Brent Barrow, tout aussi cyniques l’un que l’autre) la pressent de « couper des têtes » afin de limiter les pertes entraînées par d’indigents chiffres de vente, Lucy décide alors de jouer sa carrière en fusionnant les deux magazines qui deviennent DirtNow, un nouveau titre face auquel respect de la vie privée et droit à l’image n’ont qu’à bien se tenir.

Afin de lancer ce projet « de la dernière chance » sur le marché déjà saturé de la presse à scandales, elle pousse son équipe à la chasse aux scoops les plus fracassants et n’hésite pas à faire un exemple « pour la bonne cause », renvoyant sur le champ une employée qui ne tire pas dans le même sens qu’elle. Objectif avoué : redresser la courbe des ventes en dénichant des sujets inédits dont les « autres » (People, Star, The National Enquirer, etc.) n’ont même pas eu vent à l’état de rumeur... Quitte à les inventer ! Lucy se joue ainsi comme d’un yo-yo des destins croisés de deux acteurs concubins, Holt McLaren et Julia Mallory (lui réduit à tourner dans des séries B, elle sur la « A-list » d’Hollywood), dont la carrière va basculer sous l’effet de ses manipulations démoniaques. Jusqu’à quel point ? Pour le déterminer, elle peut à coup sûr compter sur le talent de Don Konkey, un photographe indépendant qui n’a pas son pareil pour obtenir « le » cliché qui rendra toutes les rédactions concurrentes folles de jalousie ! Schizophrène et conscient de ce trouble de la personnalité, l’artiste irait jusqu’à se fracturer un doigt (littéralement...) pour aider Lucy dans sa quête de « vérité », réduisant ainsi leur relation à celle d’un esclave obéissant à sa maîtresse adorée.

Malgré le rôle de médiateur que s’efforce d’endosser Brent Barrow, soucieux de préserver l’image du magazine afin de garder intact le pouvoir d’attraction de ses espaces publicitaires et d’éviter par la même occasion l’enchaînement de procès coûteux, Lucy n’a qu’une seule idée en tête : surprendre sa prochaine proie dans son sommeil et la croquer à travers un article sensationnel dont tous les congénères d’Homer Simpson discuteront le lendemain devant la machine à café. « Si Dieu ne voulait pas que nous dévorions les plus faibles, pourquoi les aurait-il faits si délicieux ? » s’interroge-t-elle à ce sujet. Du joueur majeur de la NBA au chanteur adulé de R’n’B en passant par le héros célébrissime de films d’action, la popstar évangéliste sur le retour, le mannequin anorexique et toxicomane ou la vedette du X retirée du circuit, tout le gratin de la « Cité des Anges » a droit tôt ou tard (parfois même post-mortem !) à son portrait en couverture pour peu que son histoire égratigne la morale. Si la révélation des secrets les mieux gardés de ce microcosme insomniaque requiert un profond travail d’investigation, les sujets d’étude ne manquent guère. Comme le signale à juste titre Garbo, la dealeuse (amoureuse, mais il s’agit là d’une autre histoire...) de Julia Mallory : « La trahison devrait avoir son étoile sur Hollywood Boulevard ! ». Il n’est pas rare en outre que les prétendues victimes se placent de leur plein gré devant l’objectif du « paparazzo » de service, à l’exemple du couple d’acteurs ratés présentant à Lucy une vidéo « volée » de ses ébats sexuels et imaginant, pour rendre le sujet « vendeur », un scénario de ménage à trois digne des plus belles heures des Feux de l’amour.

 

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