Par Benjamin Campion
Los Angeles, Californie. Lors d’une intervention qui tourne mal, le jeune flic Van Ray perd son partenaire Andre de manière tragique et jure de le venger, quoi qu’il en coûte. Ça tombe bien, le lieutenant Billie Chambers souhaite renforcer sa brigade d’infiltration dans les réseaux mafieux par des « généraux » au lieu de ses actuels « fantassins » : elle embauche donc Van Ray, bientôt rejoint par le frère d’Andre, Deaqon Hayes, animé lui aussi d’un violent esprit de vengeance. Afin de les mettre au parfum sans attendre, Billie Chambers gratifie les deux agents d’un état des lieux pour le moins surprenant... En effet, une simple pression sur un bouton lui suffit à dévoiler la « Confiserie »,
Billie Chambers (Tiffani Thiessen).
une caverne d’Ali Baba remplie d’objets récupérés de missions antérieures (véhicules, armes à feu, orfèvrerie, etc.) destinés à de prochaines enchères. Une fois leurs poches bien remplies, Van Ray et Deaqon sont prêts à prendre toute la pègre de Los Angeles en filature... et c’est là que la douleur frappe aux parois de votre crâne.
Fastlane [1] est tout à fait le genre de série dont on sait par avance qu’il ne faut pas en attendre de miracles. La plastique de Tiffani Thiessen (l’une des têtes d’affiche de Beverly Hills 90210 qui, paradoxalement, ne s’en sort pas trop mal dans son rôle de meneuse d’hommes glaciale), les belles cylindrées et le bouton du volume poussé au maximum la désignent comme la digne descendante des Fast and Furious ! À une différence (notable) près : si la mise sur orbite du long métrage 2 Fast 2 Furious a coûté la bagatelle de 76 millions de dollars, le pilote de Fastlane a pour sa part limité la facture à 4 unités. Aux cascades ébouriffantes se succèdent dont des effets de style maniérés assurés par McG (co-créateur de Fastlane et ancien « clippeur » passé, depuis, à la réalisation des deux volets de Charlie et ses Drôles de Dames) ou Guy Ritchie : plans de circulation accélérés, caméra tournoyante, écrans divisés, ralentis d’éclats de verre, flashback, inserts... Sur le plan musical, la production a tout de même délié les cordons de la bourse puisque, entre deux morceaux de métal-rap, on peut entendre des titres aussi populaires que Dream On de Depeche Mode, In the Air Tonight de Phil Collins ou encore In my Place de Coldplay.
À mettre également au crédit de Fastlane, de jolis numéros de danse assurés par le show-runner Bill Bellamy (l’interprète de l’agent Deaqon Hayes) et la participation de quelques invités de marque (outre celle de John McNamara, producteur exécutif de Profit, aux manettes de la série) : Antonio Fargas (« Huggy les bons tuyaux » dans Starsky et Hutch), Vondie Curtis Hall (Roger dans Urgences), Jay Mohr (Action), Robert Foster (Jackie Brown), George Hamilton, Tommy Lee Jones, Mischa Barton (Once and Again), les « bêtes de scène » Isaac Hayes et Iggy Pop, sans oublier le mannequin Naomi Campbell... Une liste prestigieuse qui ne suffit toutefois pas à cacher les faiblesses d’un énième duo de flics en noir et blanc, multipliant les épreuves de force comme autant de palliatifs à un scénario écrit en pointillés. Une seule solution : une aspirine et au lit !
Série d’action américaine, 2002-2003, 22 épisodes de 43 min (1 saison). Créée par McG et John McNamara. Producteurs exécutifs : McG, John McNamara, Daniel Rappaport. Avec Peter Facinelli (Van Ray), Bill Bellamy (Deaqon Hayes), Tiffani Thiessen (Wilhemina « Billie » Chambers). Diffusée aux États-Unis sur Fox, en France sur Canal+.
[1] « Voie rapide » en anglais.