Mercredi 8 septembre 2010
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Les Bandits solitaires

Titre original : The Lone Gunmen

Par Benjamin Campion

Le risque de ternir l’image (portée aux nues par une niche étendue de téléspectateurs auxquels se sont empressés d’emboîter le pas les média de tous horizons) d’une série ayant marqué sa génération doit-il s’effacer devant l’assurance d’une base d’audience acquise et, donc, de millions de dollars entrant sans se faire prier dans les caisses des exécutifs ? Si l’échec commercial de Joey, le spin-offSérie tirée d'une autre et utilisant le même concept (mais pas toujours) ou des personnages de la première série. Côte Ouest est une série dérivée de Dallas, Xéna la guerrière, une série dérivée d'Hercule, New York : Section criminelle, une série dérivée de New York District. prématuré de Friends, a montré que la chandelle pouvait s’éteindre rapidement, Une affiche promotionnelle de la sérieUne affiche promotionnelle de la série. la genèse des Bandits solitaires s’appuyait sur des motivations quelque peu différentes : devant le succès rencontré par les trois doux dingues, sortes d’adolescents attardés devenus hackers pour détourner les complots du gouvernement américain, introduits à la fin de la saison inaugurale de X-Files (Entité Biologique Extraterrestre, ép. 17 [1.17]), ne pas donner naissance à une telle série dérivéeSérie tirée d'une autre et utilisant le même concept (mais pas toujours) ou des personnages de la première série. Côte Ouest est une série dérivée de Dallas, Xéna la guerrière, une série dérivée d'Hercule, New York : Section criminelle, une série dérivée de New York District. aurait difficilement pu s’entendre, aussi bien d’un point de vue artistique que purement financier.

Byers (« l’élégant », un ancien employé d’une société de télécommunications), Frohike (« le renfrogné », nabot spécialisé au sens large en électronique) et Langly (« l’immature » aux longs cheveux blonds, capable de s’introduire dans n’importe quel système informatique), inspirés au scénariste Glen Morgan par une convention d’ufologues pour le moins haute en couleurs tenue à Los Angeles, déchaînaient en effet les passions depuis leur première collaboration avec Fox Mulder, l’homme de terrain relayant — avec plus de résonnance que leur journal limité à un cercle d’initiés — leurs théories confectionnées à l’intérieur d’un local bourré de matériel de pointe. Et comme signe annonciateur de cette suite somme toute logique, plusieurs épisodes de la « série mère » leur avaient même été consacrés, de la constitution du groupe à la disparition mystérieuse de Susanne Modeski.

Des prénoms de John Fitzgerald Byers (« Dans mon rêve, les évènements du 22 novembre 1963 n’ont jamais eu lieu, déclarait-il dans l’épisode intitulé Brelan d’as de X-Files. Dans ce rêve, mon homonyme n’a jamais été assassiné ») au nom même du groupe (que l’on devrait plutôt traduire par « Les Tireurs isolés », comme le furent les supposés assassins de JFK et de Martin Luther King), sans oublier celui de leur nouvelle collaboratrice, Yves Adele Harlow (un anagramme de Lee Harley Oswald, le tueur présumé du célèbre président américain), Chris Carter continue donc de puiser son inspiration dans les plus grands scandales américains, derrière lesquels se cacheraient de grandes manœuvres organisées dans le plus grand secret par d’obscures forces gouvernementales. Le 4 mars 2001, tandis qu’elle achève la diffusion de la huitième saison de X-Files, la Fox injecte à ses téléspectateurs une nouvelle dose de paranoïa en escomptant surfer sur la vague du succès de sa poule aux œufs d’or.

 

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