Lundi 6 février 2012
Chercher sur le site :

Vous êtes ici :
Inédits > Février 2007 > Miss Marple


1 2 >

1 2 >

Miss Marple

Titre original : Agatha Christie’s Marple

Par Loïc Marchand

Parce que Jane Marple n’a jamais cessé d’observer les faits et gestes des habitants de son petit village de Saint Mary Mead, cette vieille demoiselle possède une connaissance de l’« âme humaine » propre à lui offrir sur un plateau la clé des affaires criminelles auxquelles l’existence ne cesse de la confronter. Car les gens tombent comme des mouches autour d’elle : les Bantry, ses voisins et amis, découvrent le cadavre d’une jeune inconnue dans la bibliothèque de leur manoir ; Mrs McGillicuddy arrive chez elle en lui racontant qu’elle vient d’être témoin d’un assassinat dans le train qui roulait parallèlement au sien ; Miss MarpleMiss Jane Marple (Geraldine McEwan). le colonel Protheroe, notable local dont la suffisance le dispute à la brusquerie, est froidement abattu dans le bureau du presbytère où il attendait le pasteur... Alors que bon nombre de ses semblables se laisseraient submerger par l’émotion, notre détective amateur (et en jupons) ne semble toutefois nullement désarçonnée par cette hécatombe. Et les coupables n’ont qu’à bien se tenir !

Donner un nouveau visage à la célèbre miss Marple, née de la plume de la romancière Agatha Christie en 1928 dans une nouvelle écrite pour le magazine « The Sketch » : tel est l’objectif que se sont fixé les producteurs de cette série lorsqu’ils ont entrepris, en 2004, de mettre en scène cette Anglaise d’âge canonique que rien ne prédispose en apparence à la résolution des mystères les plus inextricables. Une gageure quand on sait que ladite enquêtrice possédait entre 1984 et 1992, grâce à la BBC et pour la plus grande satisfaction de la plupart des admirateurs de la « reine du crime », les traits de la talentueuse Joan Hickson. Par-delà sa silhouette de souris trottinante, son doux visage auréolé de cheveux blancs comme neige et le regard bleu délavé mais néanmoins perçant qu’elle portait sur tout ce qui l’entourait, cette figure de la scène et des écrans britanniques traînait cependant son lot de détracteurs lui reprochant une apparence un peu trop frêle doublée d’une certaine réserve « victorienne » (parfaitement de mise, en fait, s’agissant d’un personnage censé avoir grandi dans l’Angleterre de la seconde moitié du XIXe siècle). Sans doute la production a-t-elle songé à ces esprits chagrins en confiant le rôle-titre des dernières adaptations en date à Geraldine McEwan, énergique septuagénaire aux yeux sombres ne montrant quant à elle ni fragilité ni retenue excessives.

Ainsi, lorsqu’on lui propose de choisir entre une citronnade et une orangeade, Miss Marple préfère-t-elle commander un verre de ginger ale « ... avec un peu de scotch » avant de surprendre des enquêteurs plus jeunes qu’elle par sa connaissance approfondie des moeurs de ses contemporains, y compris les moins conventionnelles dans le contexte de la fin des années 1940 : elle semble notamment accepter avec une déconcertante facilité le fait qu’une femme en aime passionnément une autre, ou qu’un danseur professionnel effectue ce qu’elle qualifie de « service de nuit » auprès des clientes de l’hôtel qui l’emploie. Pour la seconder dans sa lourde tâche, mademoiselle McEwan peut compter par ailleurs sur tout ce que le Royaume-Uni compte de « figures » en matière de fictions télévisées ou de succès cinématographiques : de Sir Derek Jacobi (Cadfael, Gladiator) à Timothy Dalton (James Bond dans Tuer n’est pas jouer et Permis de tuer), de James Fox à Rachael Stirling (tous deux ayant auparavant donné la réplique à David Suchet alias Hercule Poirot), sans oublier Joanna Lumley (Chapeau melon et bottes de cuir), June Whitfield et Dawn French (respectivement actrices et créatrice de Absolutely Fabulous), aucun nom ne semble manquer à l’appel.

 

© 2012 Culture Séries - Tous droits réservés