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La saison 5
Six Feet Under :
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Sept minutes pour l'éternité (rubrique Dossiers)
La saison 1 (rubrique Épisodes)
La saison 2 (rubrique Épisodes)
La saison 3 (rubrique Épisodes)
La saison 4 (rubrique Épisodes)
HBO, 21 août 05 - Jimmy, 23 avril 06
Durée : 68 minutes
Sc : Alan Ball. R : Alan Ball • Avec Kathy Bates : Bettina. Jeremy Sisto : Billy Chenowith. Joanna Cassidy : Margaret Chenowith. Richard Jenkins : Nathaniel Fisher Sr. Tina Holmes : Maggie Sibley. C.J. Sanders : Anthony. Kendre Berry : Durrell. Chris Messina : Ted Fairwell. Peter Macdissi : Olivier Castro-Staal. Tim Maculan : Père Jack. Kristin Morley : Obstétricienne. James McDonnell : Dr Frank. Sahar Bibiyan : Infirmière. Becky Thyre : Marcie. Terri Hoyos : Agent immobilier. Rachel Zeskind : Ex-petite amie de Nate. Giancarlo Rodriguez : Julio Diaz. Brenna et Bronwyn Tosh : Maya Fisher.
Ruth O’Connor Fisher, 1946-2025 (morte de vieillesse), Keith Dwayne Charles, 1968-2029 (tué par balles), David James Fisher, 1969-2044 (mort de veillesse), Hector Federico Diaz, 1974-2049 (victime d’une crise cardiaque), Brenda Chenowith, 1969-2051 (morte de vieillesse), Claire Simone Fisher, 1983-2085 (morte de vieillesse).
David Fisher (Michael C. Hall).
Née avec deux mois d’avance, la petite Willa part immédiatement en salle de soins intensifs sous le regard apeuré de sa mère craignant des séquelles irrémédiables. Déprimée de bientôt perdre la garde de Maya, Ruth aide toutefois la veuve de son fils aîné à surmonter cette terrible épreuve. Loin de ces considérations, David et Keith décident finalement de racheter les parts de Rico et de s’installer dans la demeure familiale des Fisher : voilà donc le protégé de feu Nathaniel Senior enfin indépendant, comme il le souhaitait depuis si longtemps ! Claire voit son avenir à New York où l’attend un poste d’assistante photographe dans une banque d’images...
- Décidemment, les scénaristes ne nous épargnent aucun rebondissement puisque le prologue de cet épisode donne à penser que la fille de Brenda meurt à la naissance, une impression renforcée par l’épitaphe en lettres noires sur fond blanc qui mentionne uniquement le nom du bambin et l’année 2005. Mais la suite de l’épisode nous apprend finalement qu’il n’en est rien et que la petite Willa mènera une vie pleine et épanouie !
- Claire demeure ébahie par la bizarrerie de son union avec Ted, qui s’étonne de la voir sourire alors qu’ils partagent un moment d’intimité au lit : « C’est juste que je suis en train de déguster une salade de fruits avec un golden boy tout nu qui a voté pour George Bush ! », s’explique la jeune fille n’ayant rien perdu de son mordant malgré les coups du sort vécus récemment. Plus tard, elle surenchérit dans la même veine en exhortant son compagnon à s’expatrier au Canada si jamais les entreprises bellicistes américaines en venaient à envahir l’Iran...
- Quand il découvre la petite Willa en salle de soins intensifs pour prématurés, Nate s’exclame auprès de Brenda : « C’est exactement ce que je redoutais ». Et une fois de plus, on ne peut que comprendre sa réaction résultant des premières échographies de Brenda qui révélaient des risques de malformations ou de troubles moteurs du bébé à naître. Toujours un coup d’avance, ces scénaristes !
- Une Ruth lessivée et déprimée regarde sans le voir un épisode de la sitcomContraction des termes situation comedy, comédie de situation. Série humoristique se déroulant le plus souvent dans un nombre de décors limité, mettant en scène une famille ou un groupe de personnages unis par un lien quelconque (travail, lieu de vie, amitié...), et dont les dialogues sont entrecoupés des rires d'un supposé public. Même dans le cas où la sitcom est enregistrée en public, il est courant d'ajouter aux rires de celui-ci des rires pré-enregistrés pour renforcer l'effet comique. Remarque : on préfèrera la forme une sitcom à un sitcom, les termes comédie et situation étant, en français, du genre féminin. Voilà ! à la télévision. Mais il faudrait plus à la mère de famille délaissée que ces aventures délirantes du service éditorial d’un magazine de mode pour retrouver le sourire !
- Pour les beaux yeux de la petite Maya, Olivier Castro-Staal livre une interprétation quelque peu hésitante mais touchante de la célèbre comptine Sur le pont d’Avignon... en français, s’il vous plaît ! Son interprète Peter Macdissi maîtrise en effet la langue de Molière puisque cet ancien professeur de danse classique né à Beyrouth est passé par l’École des Beaux-Arts de Paris avant de s’envoler pour les États-Unis et de commencer sa carrière d’acteur.
- Plus que jamais, des références au passé font appel à la mémoire du téléspectateur : Olivier Castro-Staal précise ainsi à Claire qu’« on se fout de savoir qui a baisé avec Russell » (ce dernier « fautait » en effet avec son professeur d’arts pendant que Claire réalisait une énième course en tant qu’assistante dans La partie de paintball, ép. 34 [3.8]) tandis que Billy note la similitude des circonstances entre la rencontre de Brenda et Nate avec celle de Claire et Ted (les premiers ont eu le coup de foudre à la mort de Nathaniel Senior et les seconds à l’hospitalisation de Nate, qui allait le mener à la mort).
- David rappelle également en rêve à son père qu’il s’était dégoté une chambre secrète à l’étage d’un minable restaurant indien pour supporter la pression inhérente à son métier d’entrepreneur de pompes funèbres (ce qu’apprenait en premier lieu Nate dans La chambre, ép. 8 [1.8]). Quant à Ruth, elle revient sur la courte mais enrichissante expérience professionnelle de Nate dans une garderie pour chiens (La terreur s’installe, ép. 44 [4.6]), le genre d’endroits dont elle ignorait totalement l’existence. Enfin, le dîner d’adieu de Claire donne l’occasion à ses convives d’évoquer cette réunion familiale un peu folle avant laquelle Nate avait pris un ecstasy par inadvertance (Échec et mat, ép. 14 [2.1]) ou encore le choc de Ruth quand elle avait surpris Nate en train de faire un cunilungus à Brenda dans sa propre maison (La famille, ép. 1 [4.4]).
- Une véritable scène d’action (eh oui, vous ne rêvez pas !) place David face à ses démons et plus précisément au monstre en sweat rouge à capuche qui le hantait depuis plusieurs épisodes. L’âpre lutte qui s’ensuit révèle au fils Fisher l’identité de l’entité qui le poursuivait jusque dans ses rêves : il s’agit ni plus ni moins que de lui-même ! Une brillante illustration de la métaphore de l’ennemi intérieur.
- Quand David revient sur sa décision de vendre l’entreprise funéraire de son père et propose à Rico de chercher un autre acquéreur pour ses parts, son interlocuteur révèle ce qu’il avait sur le cœur depuis un long moment (depuis le début ?) : « Personne ne va mettre 500000 dollars sur la table pour acheter 25% de cette affaire, crétin ! Si quelqu’un avait cette somme, il ouvrirait sa propre entreprise. Une petite boîte qu’il pourrait diriger comme il l’entend sans qu’une bande de connards coincés se mette sans arrêt en travers de son chemin ! ».
- Plus encore que les précédentes, cette ultime saison aura été celle du deuil (celui de Lisa, celui de l’amour entre Rico et Vanessa même s’il finira par renaître et celui de Nate) et des références au passé écrites par des scénaristes maîtrisant sur le bout des ongles leur vaste récit. Si besoin était de s’en convaincre, il suffit de se référer à la drôlissime scène de L’écosystème, ép. 60 [5.9] au cours de laquelle Ruth « dégommait » l’une après l’autre ses conquêtes passées en un magnifique clin d’œil aux amours tumultueuses qui auront succédé à sa vie trop sage (comme elle le regrettera elle-même) aux côtés de Nathaniel.
- À noter le traitement particulier réservé à Brenda qui, en l’espace d’un seul épisode, communie enfin avec Ruth et rencontre pour la première (certes en rêve) Nathaniel Senior. Il aura donc fallu que Nate perde la vie pour que Brenda gagne l’estime de ses parents !
- Lors de la scène de mariage entre David et Keith, on peut apercevoir plusieurs scénaristes et producteurs (dont Alan Poul) parmi les membres de l’assistance. Par ailleurs, si elle n’est pas créditée dans ce series finaleDernier épisode d'une série ou d'un feuilleton., Patricia Clarkson apparaît tout de même une dernière fois aux côtés de Maya adulte dans le rôle de Sarah, la sœur de Ruth, lors des funérailles de cette dernière.
- L’ultime message de ce series finaleDernier épisode d'une série ou d'un feuilleton. d’une durée exceptionnelle de 68 minutes écrit et réalisé par Alan Ball est sans doute livré par Nate qui, après un vibrant hommage en son honneur (« Qu’il repose en paix », déclare David), apparaît à l’écran en complet blanc et lunettes de soleil « tape à l’œil » et se lance dans une interprétation déjantée de I Just Want to Celebrate, du groupe Rare Earth. « Je veux juste m’éclater », voilà qui résume bien l’état d’esprit de Six Feet Under au sortir de tant d’années de souffrance ayant imprégné la petite lucarne.
- La conclusion de cet épisode (et, par la même occasion, de la série), centrée sur la cadette des enfants Fisher en la personne de Claire, constitue un moment inoubliable de télévision, peut-être l’épilogue le plus marquant qu’ait jamais connu le petit écran. « Comment mettre un point final à un récit aussi complexe et riche en personnages ? », telle est la question qu’a dû en effet se poser Alan Ball face à sa page blanche. L’idée brillantissime de nous projeter dans le futur des personnages principaux jusqu’à leur décès offre non seulement un « clip » foisonnant d’images et de couleurs (bercé par la superbe chanson Breathe Me de Sia, l’une des chanteuses de Zero 7) à revoir plusieurs fois pour en capter toute la substance, mais elle inscrit surtout Six Feet Under de manière durable dans la mémoire de ceux qui l’auront appréciée jusqu’à sa fin, comme s’ils avaient vécu avec les familles Fisher, Diaz et Chenowith jusqu’à leurs derniers jours. La séparation n’est est que plus émouvante.
- Plus que jamais indispensable, l’obituaire du site Internet de HBO dédié à Six Feet Under nous éclaire sur la destinée des protagonistes de la série : Ruth décèdera vingt ans après avoir emménagé chez sa sœur Sarah à Topanga et y avoir ouvert une garderie pour chiens avec Bettina, laissant derrière elle quatre petits-enfants (Maya Fisher, Willa Chenowith, Anthony et Durrell Charles-Fisher) ; après neuf ans dans la police de Los Angeles et une reconversion dans la sécurité, Keith finira par créer sa propre boîte de garde rapprochée, l’Agence de Sécurité Charles, et périra sous les balles de braqueurs dans l’exercice de ses fonctions alors qu’il avait un petit-fils prénommé Matthew ; David dirigera l’entreprise funéraire de son père pendant plus de quarante ans avant de prendre sa retraite et de prendre part à une douzaine de représentations théâtrales dans la ville qui l’aura vu grandir, reconstruisant par ailleurs sa vie avec Raoul Martinez après le décès de Keith et laissant trois petits-enfants : Matthew, Keith et Katie ; Rico ouvrira en 2005 à Hollywood sa propre morgue, les Pompes Funèbres de la Famille Diaz, où il officiera durant trente-cinq ans aux côtés de sa femme Vanessa avant de mourir lors de vacances à Porto Rico, laissant derrière lui trois petits-enfants : Emily, Celestina et Vincent ; diplômée en sociologie et en anthropologie, Brenda refera sa vie avec Daniel Nathanson qui lui donnera un nouvel enfant, Forrest, et elle se distinguera par de brillants ouvrages portant sur la précocité et le lien entre l’exposition du fœtus à l’alcool et des déviances comportementales, avant de décéder chez elle à l’âge de 82 ans ; enfin, Claire mènera une exemplaire carrière de photographe, œuvrant à la fois dans la mode, la publicité et le journalisme (elle fera notamment plusieurs couvertures mémorables du Washington Post), exposant régulièrement ses travaux à New York et à Londres, enseignant dans une école artistique de la « Grosse Pomme » dès 2018 et restant toujours fidèle à son appareil photo argentique malgré l’émergence du numérique. Elle aura survécu à son tendre époux Ted Fairwell.